Niveau du lac : un équilibre délicat

Niveau du lac : un équilibre délicat
L’épisode de crue que nous avons subi cet hiver pose la question de l'évacuation des eaux pluviales de notre territoire et plus précisément de la gestion du niveau du lac.

Un peu d’histoire

La naissance du lac de Sanguinet, comme l’ensemble des lacs du littoral aquitain résulte de la formation de la chaîne des dunes côtières qui nous sépare de l’océan.

Faisant obstacle à l'écoulement de nombreuses rivières (à Sanguinet principalement la Gourgue et les crastes), ces dunes ont provoqué à l'est des barrages naturels avec des accumulations d'eau douce. Les lacs littoraux landais sont nés.

La hauteur du niveau du lac, fixée par arrêté préfectoral, est de 20,94 NGF. En 2015, les élus du SAGE (Schéma d'Aménagement et de Gestion des Eaux) ont fixé une côte de vigilance crue à 21,10 NGF et une côte basses eaux (étiage) à 20,60 NGF.

Le lac, un milieu interdépendant

Le lac de Cazaux-Sanguinet dispose de deux exutoires :

-       le premier, au nord, permet un écoulement des eaux vers le bassin d'Arcachon via le canal de Landes

-       le second, au sud, part en cascade, vers son exutoire naturel, le courant de Mimizan. Ensemble naturel en « chapelet », la chaîne des étangs du nord des Landes est composée des lacs de Cazaux-Sanguinet, de Parentis-Biscarrosse, du petit étang de Biscarrosse et de l’étang d’Aureilhan.

Cet ensemble lacustre interdépendant est soumis à un marnage naturel (hautes eaux en hiver et niveaux d’étiage en été).

L’interdépendance de la chaîne des lacs implique qu’une baisse de 1 cm du lac de Sanguinet entraîne une hausse 10 cm de l’étang d’Aureilhan.

La gestion des niveaux d’eau

La gestion des niveaux d’eau est possible (hors épisodes climatiques exceptionnels) grâce à l’existence d’ouvrages hydrauliques (écluses). La gestion et l'entretien des ouvrages régulateurs (Navarrosse, Probert et Taffarde) incombent à la Communauté de Communes des Grands Lacs. Depuis 2010, la Communauté de Communes des Grands Lacs a équipé 6 sites du SIRIL (Système d'Information Relai Inter Lacs), un outil informatisé qui mesure chaque jour la hauteur des eaux, le débit des ouvrages, la pluviométrie...

Les limites des ouvrages hydrauliques en cas de fortes pluies

La capacité maximale de vidange des ouvrages dépend directement de la capacité d’écoulement des canaux ou rivières se situant en aval de ces ouvrages.

Même en anticipant les périodes pluvieuses, ces exutoires ne permettent pas de réguler à volonté les hauteurs d’eau, d’autant moins lorsque nous enregistrons des apports conséquents comme ces dernières semaines.

Pour mémoire, le niveau de crue de 2021 a dépassé celui de février 2014 de l’ordre de 5 centimètres pour l’ensemble des lacs de la chaîne hydraulique du Born et du Buch. Au 10 février 2021 le lac a atteint 21,49 NGF.

Après un cumul pluviométrique de 445 mm depuis le 1er décembre 2020 (soit près de la moitié de la pluviométrie moyenne annuelle) la côte de vigilance crue a été dépassée pour l'ensemble des plans d’eau. 

Tous les ouvrages avaient été manœuvrés pour anticiper les pluies annoncées en décembre. Il n’en demeure pas moins qu’ils fonctionnent tous depuis le 7 décembre en régime noyé, et pour la plupart, la côte de débordement a été dépassée. Hormis pour l’ouvrage de Cazaux dont la configuration est différente. Les débits maximums transitant sur l’emprise des ouvrages ont été atteints.